Michel Hayez, ancien membre de l’équipe de Chrétiens Médias avec le père Chave

Je me souviens

Arrivés à Avignon début 1964, notre domicile faisait de notre couple, des paroissiens de Saint-Pierre. Nos deux premiers enfants, les garçons, fréquentaient la petite école de la rue Ste-Catherine – alors dénommée rue Arnaud de Fabre – ancienne maison du chanoine Sylvain, célèbre auteur des « Paillettes d’or ». C’était la rencontre avec les familles du quartier, Jean Berbiguier et sa femme, Mme André, bénévole de la Bibliothèque pour tous, installée au rez-de-chaussée de l’hôtel Madon de Chateaublanc, tenue aussi par la générale Cloye, Mme Pierre Ortoli, épouse du médecin, venue en voisine… Ainsi voyions-nous le Père Robert Chave s’installer rue de Taulignan pour remplacer le Père Gaillard, curé décédé. C’était le début d’une fréquentation respectueuse, de plus en plus cordiale qui ne cessa depuis.

Je pense que la découverte progressive du Centre Magnanen nous le faisait considérer comme une résidence de prêtres, les Pères Georges Durand, Michel Ranc, Pierre Avéran… Mais Magnanen était aussi le siège de plusieurs mouvements d’action catholique nationalement connus, tels Action catholique ouvrière, le Comité catholique contre la faim et pour le développement, je ne les cite pas tous, lieu d’engagement de prêtres pour soutenir certaines victimes de la société : protection de prostituées inquiétées par des enquêtes policières, défense des droit de travailleurs immigrés (ASTI), en l’occurrence des Portugais frappés par l’accident mortel lors de la création du parking souterrain de la place du Palais.

Le Père Georges Durand, fondateur de l’association « Musique sacrée », assisté de Mme Lucienne Antonini, organiste à Notre-Dame des Doms, pouvait y faire répéter sa chorale et y engranger un trésor de partitions. Le Père Chave, aumônier de quelques-uns de ces mouvements, pouvait parmi ses salles de livres et revues, y désigner au 1erétage la chambre mortuaire du peintre Claude Firmin (1864-1944), familièrement surnommé « le goy » (boiteux en provençal).

Les pavés de verre de couleurs réalisés par le Père Marcel Roy, prêtre artiste, faisaient flamboyer le petit oratoire où le Père Chave célébrait chaque semaine la messe, entouré des « petites mains » de « Chrétiens médias », à la naissance de la feuille interparoissiale « Alléluia Service » et service de presse, Hélène Thomas, secrétaire fervente et dynamique, Monique Kortz, laborieuse sur sa machine à écrire et toujours disponible pour l’expédition de la publication. S’y joignaient Catherine Golovine et Georges, son mari. Fort en ce temps était le courant de la danse sacrée avec les créations chorégraphiques de Catherine et les montées de chemins de croix du Vendredi saint, accompagnés par le Père Chave, de l’angle de la rue Peyrolerie, place du Palais, jusqu’à l’intérieur de la métropole.

J’ai nommé Hélène Thomas, notre amie regrettée que la maladie nous enleva à l’aube de sa retraite vécue dans son Gâtinais natal, Monique Kortz, Christine Brémond, abeilles laborieuses de l’essaim transporté selon les besoins de la rue de Taulignan à Magnanen. Petite équipe que nous rejoignons, Anne-Marie et moi, ainsi que, au fil des mois, des ans ! Louis Baraillé, pour la comptabilité, Bernard Raynal, laïc consacré de Notre-Dame de Vie, bon informaticien.

Ainsi de semaine en semaine étaient élaborés la feuille paroissiale du centre-ville et le service de presse, organes représentatifs de l’association « Chrétiens médias » au niveau diocésain.

Au rez-de-chaussée, la salle principale aux murs décroûtés faisant apparaître les rares vestiges du vaste couvent des Frères mineurs, les cordeliers, accueillait réunions et repas partagés.

L’association « Foi et culture » devenue partenaire du Festival d’Avignon, y trouvait un espace ouvert pour des expositions ou installations d’artistes encouragées par le Père Robert Pousseur, prêtre venu du diocèse de Soissons.

Ainsi le Centre fut le tremplin des multiples réalisations du Père Chave, notamment de celle, pérenne, de « Radio Lumières », rejoignant le réseau des « Radios chrétiennes de France » (RCF), avec l’installation du studio d’enregistrement des nombreuses interviews.

A l’heure où j’achève cette évocation, le Père Robert Chave nous quittait le 29 août et c’est donc un fervent hommage que je lui rends parmi tant d’autres…

Michel HAYEZ